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Dans : Le Monde

Cheveux en pétard façon manga et look gothico-androgyne : c'est le style "glam destroy" (mélange d'Indochine et de Marilyn Manson), la recette personnelle de Bill Kaulitz, le chanteur et leader du groupe pop-rock allemand Tokio Hotel, pour faire tomber - au sens propre - les filles.

Depuis la sortie de leur premier tube, Durch den Monsun (A travers la mousson), à l'été 2005, ces quatre jeunes, âgés de 18 à 20 ans et issus de l'ex-RDA, se distinguent d'abord, plus que par leurs affinités revendiquées avec les Red Hot Chili Peppers ou Placebo, par leur capacité à provoquer l'hystérie chez les collégiennes. A chacune de leurs apparitions sur scène, c'est le même scénario : les adolescentes se mettent à hurler jusqu'à perdre connaissance.



Mais pas seulement les Allemandes. Les Françaises aussi sont concernées, plus idolâtres peut-être encore puisque, si elles se sont procuré sur Internet les traductions de chansons aux textes tristes, évoquant le sentiment amoureux, le suicide ou le divorce, une grande partie d'entre elles ne comprend pas la langue de Goethe.

Ce qui ne semble pas les gêner : "La France est notre deuxième marché après l'Allemagne, souligne Universal Music Germany. Mises en vente le 1er juin, les places de la prochaine tournée française, du 16 au 25 octobre, sont parties encore plus vite que pour la précédente." C'est-à-dire en vingt-quatre heures.

Du jamais-vu pour un groupe germanophone. Leur nouvel album, Zimmer 483, a atteint la deuxième place des ventes dès sa première semaine de sortie en avril - après un premier album qui leur a valu un disque d'or.

Jamais vues non plus, pour un groupe aussi récent, les pétitions que certaines jeunes filles de Lille ou de l'est de la France ont fait circuler afin d'obtenir que Tokio Hotel se donne aussi en concert dans leur ville.

"Un phénomène unique", confirme Nous Productions, le producteur français du groupe, qui a décidé de prolonger de cinq dates la tournée en question, et qui s'est vu sollicité par l'ambassade d'Allemagne pour organiser, à l'occasion des concerts, des opérations de promotion de l'allemand.

Pour le Goethe Institut en effet, l'occasion est trop belle d'améliorer la réputation d'une langue souffrant d'une mauvaise image de marque auprès des jeunes. D'ores et déjà, les professeurs du prestigieux institut linguistique se sont vu distribuer les paroles des tubes de Tokio Hotel, tandis que la directrice du service culturel du Goethe Institut de Paris, Sabine Belz, s'attend à "devoir proposer davantage de cours cet été".

Lorraine Rossignol
Article paru dans l'édition du 21.06.07.
Dans : Interview: secrets inavoués

Quels sont les secrets de Bill, Tom, Gustav et Georg ?

Georg : Un jour, Je me suis disputé avec un ami tout à fait par hasard , quand j'avais huit ans. Il a couru dehors et j'ai pris une pierre et je lui ai jeté. Parce que j'avais peu de force, la pierre a atterri au milieu du capot d'une Mercedes Benz blanche. J'ai couru me cacher dans ma chambre. Ensuite je n'ai pas mis le nez dehors pendant trois semaines ! Ce n'était jamais sorti jusqu'à maintenant...

Bill : je suis sorti avec mes copains un soir, mais aucun de nous n'avait d'argent. Nous avons voulu faire un pari : Celui qui boit le plus longtemps a gagné. Nous avons bu un tas de champagne et de cocktail et avions une note élevé. Je me suis accroupi sur la table car j'étais le dernier à avoir tout bu ! et alors est arrivé le serveur et il voulait son argent. Je lui ai dit que je devais encore aller aux toilettes. Et alors, j'ai pris mes jambes à mon cou et suis partie par la porte de sortie en courant . Si j'avais su !

Gustav : Et bien, J'ai aussi mon mauvais coté. Quand mon copain et moi on s'ennuyaient, nous prenions un peu de caca de chien et nous le mettions dans une pile de journaux. Nous avions mis le paquet devant une porte de maison, l'avons allumé, avons sonné et sommes partie. Alors, le type sortait, voyait les journaux brûlant et essayait de l'éteindre en le piétinant. Le feu était faible, alors il l'éteignait rapidement, mais il avait un tas de merde collé à sa chaussure. C'était trop marrant !

Tom : Pendant un certain temps je volais les clés de la voiture de mon beau-père. J'étais entrain de conduire avec mon ami une Renault Clio. C'est arrivé dans notre village. Il n'y avait pas beaucoup de voiture en ce temps-là, mais malheureusement j'ai perdu le contrôle, on s'est planté contre arbre et ça a déformé la voiture. Je n'ai jamais rien dit à mon beau-père. Et il croit toujours que quelqu'un a cogné sa voiture contre la sienne. Il le croit toujours enfin jusqu'à aujourd'hui…
Dans : Interview De Tokio Hotel

Qu'est ce que ça vous fait de recevoir un tel accueil en France ?

Bill : C'est génial et c'est totalement innatendu ! Jamais on aurait pu penser qu'en chantant en allemand nous pourrions séduire le public français.
Tom : Ce qui me surprend le plus, c'est qu'ils connaissent les paroles de nos chansons par coeur et les chantent lors des concerts.
Bill: J'ai hâte de revenir en avril faire des grandes salles.

Comment trouvez vous vos fans françaises ?

Bill : Elles sont très enthousiastes et ont un maximum d' énergie. J'aime beaucoup leurs looks, elles portent beaucoup de noir, mais arrivent toujours à trouver des accessoires originaux et un style qui leur est propre. Vous savez que j'attache beaucoup d'importance au look, alors j'aime bien regarder comment mes fans sont habillées.

C'est vrai tu arrives à voir ces détails en concerts ?

Bill : Dans les petites salles, c'est facile. J'aime bien nouer un contact avec le public, que ce soit à travers le regard ou en leur touchant la main quand c'est possible. J'arrive même à reconnaître des gens qui reviennent régulièrement à nos concerts. Dans les grandes salles, c'est plus compliqué. Mais ce qui m' éclate, le show et l'énergie que nous donne le public.

Quelles sont vos passions en dehors de la musique ?

Bill : La réponse pour tout le monde, c'est : dormir. Gustav : Ceci dit, j'adore faire du vélo.
Bill : Honnêtement, ma passion c'est la musique. En dehors de ça, je m'occupe de ma famille. Georg : La musique nous comble tellement que l'on n'a pas besoin d'avoir d'autres hobbies. De toutes façons, nous n'avons pas le temps.
Tom : J'ai essayé le karaté, mais ça fait parties des activités que l'on essaye quand on est jeunes, et finalement il n'y a que la musique qui est restée.

Votre nouvel album sort très bientôt, comment sera-t-il ?(ils parlent de ZIMMER 483.)

Bill : Il contiendra douze titres inédits, il sera très rock. Nous avons participé à l'écriture de tous les morceaux. Et nous parlons de plein de thèmes différents et de choses qui nous sont arrivées durant ces deux dernières années.

Pourquoi l'avoir appelé ZIMMER 483 ?

Bill : Cette chambre existe vraiment. Elle est importante pour nous pour certaines raisons. Je ne peux pas en dire plus pour l'instant...

Est-il facile d'avoir une copine quand on fait partie d'un groupe aussi soudé ?

Bill : Durant ces deux dernières années, aucun de nous n'a vraiment vécu de grandes histoires d'amour. On ne peut donc pas en parler.
Tom : ça a été plutôt de petites aventures. C'est un peu normal parce que nous ne sommes jamais chez nous.
Bill : C'est vrai que quand l'un de nous sort avec une fille, on en parle entre nous et on donne notre avis. (Rires.)

Avec ce succès, comment ne pas prendre la grosse tête ?

Bill : Nous veillons les uns sur les autres afin que personne ne s'enflamme. Nos familles sont aussi très présentes afin que nous ne nous prenions pas pour ce que nous ne sommes pas.
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